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Comment l'IoT améliore la qualité de l'air intérieur des bâtiments

En France, on passe en moyenne 80 à 90 % de son temps dans des espaces clos : logement, bureau, école, commerce. La qualité de l'air intérieur pèse donc directement sur la qualité de vie, la santé publique et la performance des bâtiments. Selon une étude exploratoire menée en 2014 par l'Anses et l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI), régulièrement reprise par les pouvoirs publics, la pollution de l'air intérieur représenterait un coût sanitaire et économique de près de 19 milliards d'euros par an en France.
Face à ce constat, les collectivités, bailleurs et exploitants s'appuient de plus en plus sur l'Internet des objets (IoT) pour mesurer, comprendre et corriger en continu la qualité de l'air intérieur, au service d'un smart building et d'une smart city réellement pilotés par la donnée.

Cet enjeu ne relève plus seulement du confort : il est désormais encadré par des obligations réglementaires précises, que les capteurs connectés et une plateforme IoT de qualité de l'air intérieur et extérieur comme Kuzzle permettent de satisfaire de façon fiable, automatisée et traçable.

Que recouvre la qualité de l'air intérieur dans les bâtiments ?

La qualité de l'air intérieur (QAI) désigne l'ensemble des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques de l'air respiré à l'intérieur d'un bâtiment, et son impact sur la santé et le confort des occupants. Elle dépend de plusieurs facteurs cumulés : le renouvellement d'air (ventilation, aération), les sources de pollution intérieures (matériaux, mobilier, activités humaines, appareils de combustion) et les pollutions extérieures qui s'infiltrent dans le bâtiment.

Contrairement à une idée reçue, l'air intérieur est souvent plus chargé en polluants que l'air extérieur, en raison du confinement des espaces et de la multiplication des sources d'émission. C'est pourquoi la qualité de l'air intérieur est aujourd'hui un critère à part entière de la qualité de vie, au même titre que le confort thermique ou acoustique, et un indicateur suivi de près dans les stratégies de bâtiment et de territoire connecté durable.

Quels polluants surveiller pour préserver la qualité de vie ?

Les principaux indicateurs suivis dans le cadre de la surveillance de la qualité de l'air intérieur sont :

  • le dioxyde de carbone (CO2), révélateur du confinement et du renouvellement d'air d'une pièce ;
  • le formaldéhyde, composé organique volatil (COV) émis par certains matériaux de construction, mobiliers et produits d'entretien ;
  • le benzène, COV associé notamment à la combustion et à certains matériaux ;
  • les particules fines (PM2,5 et PM10), issues de la combustion, du trafic extérieur ou de certaines activités intérieures ;
  • l'humidité relative et les moisissures, facteurs aggravants pour les voies respiratoires.

À ce jour, le formaldéhyde et le benzène sont les deux seuls polluants dont la valeur-guide réglementaire est inscrite dans le code de l'environnement (article R221-29, issu du décret n° 2011-1727 du 2 décembre 2011) : elle est fixée à 10 µg/m3 pour le formaldéhyde depuis le 1er janvier 2023, et à 2 µg/m3 pour le benzène depuis le 1er janvier 2016. Des valeurs-limites déclenchant une obligation d'expertise en cas de dépassement sont par ailleurs fixées à 30 µg/m3 pour le formaldéhyde et à 10 µg/m3 pour le benzène. Les autres VGAI, dont celle du CO2, servent de référence à la surveillance réglementaire et aux campagnes de mesures, sans valeur contraignante inscrite dans le code.

Que dit la réglementation sur la qualité de l'air intérieur ?

La surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant du public (ERP) est encadrée par le code de l'environnement, section 5 « Qualité de l'air intérieur », et plus précisément par la sous-section 3 « Surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant du public », articles R221-30 à D221-38. Ce cadre a été précisé par le décret n° 2015-1000 du 17 août 2015, puis simplifié par un dispositif entré en vigueur au 1er janvier 2023 (souvent désigné RSDIA, réglementation de surveillance de la qualité de l'air intérieur).

Le dispositif réglementaire repose sur quatre obligations, à la charge du propriétaire ou de l'exploitant des locaux :

  1. une évaluation annuelle des moyens d'aération, incluant une mesure directe du CO2 ;
  2. un autodiagnostic de la qualité de l'air intérieur, renouvelé au moins tous les quatre ans, portant sur les sources de pollution, l'entretien de la ventilation et les mesures de réduction de l'exposition des occupants ;
  3. des campagnes de mesures des polluants réglementaires (formaldéhyde, benzène, CO2) à certaines étapes clés de la vie du bâtiment ;
  4. un plan d'actions correctives lorsque les résultats le justifient, avec transmission des résultats aux occupants et, en cas de dépassement des seuils, une expertise obligatoire sous deux mois.

Sont notamment concernés les établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans, les écoles maternelles, élémentaires et les établissements d'enseignement ou de formation professionnelle du second degré, ainsi que les accueils de loisirs, depuis le 1er janvier 2023. Les établissements sociaux et médico-sociaux ainsi que les structures d'accueil de mineurs relevant de la protection judiciaire sont assujettis depuis le 1er janvier 2025.

En parallèle, le décret tertiaire (dit « éco-énergie tertiaire ») impose une réduction progressive des consommations énergétiques des bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m², avec déclaration sur la plateforme OPERAT de l'ADEME. Le décret BACS (Building Automation and Control Systems), révisé fin 2025, complète ce dispositif en rendant obligatoire l'installation d'un système de gestion technique du bâtiment (GTB) de classe A ou B (norme NF EN ISO 52120-1) dans les bâtiments tertiaires dont la puissance des systèmes de chauffage, ventilation et climatisation dépasse certains seuils. Cette obligation de suivi, d'enregistrement et de régulation automatique des données énergétiques et environnementales fait de l'IoT un outil quasi incontournable pour tout bâtiment ou smart building cherchant à sécuriser sa conformité.


Échéance Établissements concernés Obligation principale
1er janvier 2018 Établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de 6 ans, écoles maternelles et élémentaires (première vague) Premières campagnes de mesures des polluants
1er janvier 2023 Ensemble des écoles, établissements d'enseignement du second degré, accueils de loisirs Évaluation annuelle des moyens d'aération, autodiagnostic, campagnes de mesures
1er janvier 2025 Structures sociales et médico-sociales, structures pour mineurs (protection judiciaire) Extension du dispositif de surveillance de la qualité de l'air intérieur
1er janvier 2025 (bâtiments > 290 kW) / 1er janvier 2030 (70-290 kW) Bâtiments tertiaires (bureaux, commerces, santé, enseignement, entrepôts chauffés/climatisés) Décret BACS : GTB obligatoire, suivi horaire des consommations

Quelle technologie IoT choisir pour surveiller la qualité de l'air intérieur ?

Répondre aux obligations réglementaires et améliorer réellement la qualité de vie des occupants suppose de construire une chaîne IoT cohérente, du capteur jusqu'à la donnée exploitable. Trois briques technologiques doivent être pensées ensemble : les capteurs, le réseau de transmission et la plateforme de supervision, à l'image des différents cas d'usage IoT pour le bâtiment et la ville connectée déjà déployés sur le terrain.

Quels capteurs pour mesurer la qualité de l'air intérieur en temps réel ?

Les capteurs de qualité de l'air intérieur mesurent en continu un ou plusieurs paramètres : CO2 (capteurs infrarouge non dispersif, NDIR), COV (formaldéhyde, benzène) par capteurs électrochimiques ou photo-ionisation, particules fines par diffusion laser, ainsi que la température et l'humidité relative. Le choix dépend du bâtiment : un établissement scolaire privilégiera des capteurs CO2 robustes et peu coûteux à déployer en nombre, tandis qu'un bâtiment tertiaire ou un data center recherchera des capteurs multiparamètres, précis et intégrables à la gestion technique de bâtiment.

Quel réseau de communication pour un bâtiment ou un territoire connecté ?

Le choix du réseau conditionne l'autonomie, la portée et le coût de la solution IoT :

  • le Wi-Fi convient pour des bâtiments déjà équipés d'une infrastructure réseau dense et d'une alimentation secteur disponible ;
  • le LoRaWAN et les réseaux bas débit longue portée (LPWAN) sont adaptés à un déploiement à l'échelle d'un territoire connecté, avec des capteurs autonomes sur batterie pendant plusieurs années ;
  • le Zigbee ou le Bluetooth Low Energy conviennent à des maillages denses à l'échelle d'un bâtiment ou d'un smart building ;
  • le NB-IoT ou le LTE-M s'appuient sur les réseaux cellulaires des opérateurs, utiles pour des sites isolés ou multi-bâtiments.

Pourquoi une plateforme IoT centralisée fait-elle la différence ?

Multiplier les capteurs sans plateforme de supervision revient à multiplier les tableurs et les alertes isolées. Une plateforme IoT centralisée telle que Kuzzle permet de collecter les flux de données hétérogènes, de les historiser, de déclencher des scénarios d'action (alerte, ouverture automatique d'une ventilation, notification aux équipes techniques) et de restituer une vision consolidée aux exploitants, aux collectivités et, le cas échéant, aux occupants. C'est cette brique logicielle qui transforme une simple mesure de qualité de l'air intérieur en outil de pilotage du bâtiment et de la ville.

Brique Rôle Exemples de technologies Point de vigilance
Capteurs Mesure du CO2, COV, particules fines, température, humidité NDIR, électrochimique, laser Précision, étalonnage, autonomie
Réseau Transport de la donnée du capteur vers la plateforme Wi-Fi, LoRaWAN, Zigbee, NB-IoT/LTE-M Portée, consommation énergétique, coût par capteur
Plateforme Centralisation, analyse, automatisation, restitution Plateforme IoT temps réel Kuzzle Interopérabilité, scalabilité, souveraineté des données

Que peut apporter Kuzzle pour améliorer la qualité de l'air intérieur des bâtiments et des territoires connectés ?

Kuzzle conçoit des plateformes IoT pour le smart building et des plateformes IoT pour la smart city au service des territoires connectés durables. La surveillance de la qualité de l'air intérieur et extérieur figure explicitement parmi les cas d'usage IoT couverts par la plateforme, aux côtés de la gestion énergétique, de la gestion bâtimentaire ou de l'éclairage public intelligent : autant de briques complémentaires pour piloter un bâtiment ou un territoire connecté dans sa globalité, plutôt que de traiter la qualité de l'air comme un sujet isolé.

La solution de qualité de l'air de Kuzzle collecte des données de CO2, de température et d'humidité en intérieur, ainsi que des particules fines (PM10/PM2,5), des composés organiques volatils et de l'ozone en extérieur, via des capteurs connectés en LoRaWAN, NB-IoT, Wi-Fi ou Sigfox, restituées sous forme de tableaux de bord interactifs. Elle cible en priorité les écoles et crèches, les villes et municipalités, les établissements de santé, les bureaux, les centres commerciaux et les zones industrielles, avec quatre bénéfices recherchés : un effet sur la santé (réduction des maladies respiratoires et des allergies), la conformité aux normes environnementales et réglementaires, des économies via l'optimisation du chauffage et de la climatisation, et une meilleure réactivité grâce aux alertes automatiques en cas de dépassement de seuil.

Comment Kuzzle Hypervision supervise la qualité de l'air intérieur en temps réel ?

Kuzzle Hypervision est la brique de supervision multi-métier de l'écosystème Kuzzle : elle croise les données issues des capteurs IoT (dont les capteurs de qualité de l'air), des systèmes métier (GTB, GMAO, SIG) et des référentiels du bâtiment ou du territoire dans une interface unifiée. Concrètement, cela permet :

  • de disposer de tableaux de bord temps réel par bâtiment, par étage ou par salle, affichant les niveaux de CO2, de COV ou de particules fines ;
  • de modéliser des jumeaux numériques du bâtiment enrichis par les données de qualité de l'air, utiles pour anticiper les besoins de ventilation ou planifier des travaux ;
  • d'automatiser des scénarios métier sans développement spécifique, par exemple déclencher une alerte ou une action de ventilation dès qu'un seuil réglementaire est dépassé ;
  • de bénéficier d'une analyse prédictive pour anticiper les dérives de qualité de l'air avant qu'elles n'affectent les occupants ;
  • de superviser plusieurs sites depuis une même interface, avec des vues adaptées à chaque profil (exploitant, collectivité, direction immobilière).

L'architecture modulaire de Kuzzle, associant Kuzzle Data, Kuzzle IoT et Kuzzle Hypervision, permet de connecter des capteurs de qualité de l'air à l'ensemble des autres flux du bâtiment (énergie, occupation, éclairage) sans remplacer les outils déjà en place, avec un hébergement souverain français ou on-premise possible pour les acteurs publics et privés attentifs à la maîtrise de leurs données.

Quels exemples concrets illustrent l'apport de Kuzzle pour les bâtiments et villes intelligentes ?

Kuzzle documente plusieurs déploiements concrets autour de la qualité de l'air et du bâtiment connecté. À Noisy-le-Grand, une expérimentation d'un an a permis de déployer des capteurs de qualité de l'air intérieur dans les écoles primaires de la ville en respectant le budget initial du projet, tout en réduisant la consommation énergétique des bâtiments concernés.

La rapidité de déploiement de la plateforme se vérifie également sur d'autres cas d'usage IoT : le cas client Bouygues Construction montre qu'une solution de géolocalisation de plus de 50 000 équipements sur 1 000 chantiers, intégrant plus de 20 technologies de connectivité, a pu être mise en production en une semaine grâce à Kuzzle IoT. Cette même logique d'intégration rapide s'applique à la qualité de l'air intérieur : un exploitant de bâtiments scolaires ou tertiaires peut connecter ses capteurs CO2 et COV existants, centraliser les données dans Kuzzle Hypervision aux côtés du suivi énergétique exigé par le décret BACS, et disposer ainsi d'un historique de données fiable et traçable pour appuyer les démarches attendues dans le cadre de la réglementation de surveillance de la qualité de l'air intérieur (RSDIA).

Foire aux questions sur l'IoT et la qualité de l'air intérieur

Quelle est la différence entre qualité de l'air intérieur et qualité de l'air extérieur ?
La qualité de l'air extérieur est mesurée par les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) à l'échelle d'un territoire, tandis que la qualité de l'air intérieur concerne l'air respiré à l'intérieur d'un bâtiment précis, souvent plus chargé en polluants du fait du confinement et des sources d'émission propres au bâti et à ses usages.

Quels bâtiments sont soumis à l'obligation de surveillance de la qualité de l'air intérieur ?
Depuis le 1er janvier 2023, les établissements d'accueil collectif d'enfants de moins de six ans, les écoles et établissements d'enseignement du second degré ainsi que les accueils de loisirs sont concernés. Depuis le 1er janvier 2025, l'obligation s'étend aux établissements sociaux et médico-sociaux et aux structures accueillant des mineurs dans le cadre de la protection judiciaire (code de l'environnement, articles R221-30 à D221-38).

Un capteur IoT suffit-il pour être conforme à la réglementation sur la qualité de l'air intérieur ?
Non. La réglementation impose une évaluation annuelle des moyens d'aération, un autodiagnostic tous les quatre ans, des campagnes de mesures et un plan d'actions documenté. Les capteurs IoT facilitent la collecte continue des données (notamment le CO2) mais doivent être associés à une plateforme capable d'historiser, de restituer et de tracer ces informations pour répondre aux obligations de transmission aux occupants et aux autorités.

Comment l'IoT contribue-t-il à la qualité de vie dans un smart building ?
En rendant visibles en temps réel des paramètres jusque-là invisibles (CO2, COV, particules fines, humidité), l'IoT permet d'agir avant que l'inconfort ou le risque sanitaire ne s'installe : ajustement de la ventilation, alerte aux équipes techniques, information des occupants. C'est un des piliers du smart building, au même titre que la gestion de l'énergie ou de l'occupation des espaces.

Quel est le lien entre qualité de l'air intérieur et décret BACS ou décret tertiaire ?
Le décret BACS impose une GTB capable de suivre, enregistrer et réguler automatiquement les données techniques d'un bâtiment tertiaire, tandis que le décret tertiaire fixe des objectifs de réduction énergétique déclarés sur la plateforme OPERAT. Une plateforme IoT qui centralise à la fois les données de qualité de l'air et les données énergétiques, comme Kuzzle Hypervision, permet de répondre aux deux exigences avec une seule infrastructure de collecte et de supervision.

Kuzzle propose-t-il une solution clé en main de mesure de la qualité de l'air ?
Kuzzle ne fabrique pas de capteurs mais fournit la plateforme IoT et de supervision de la qualité de l'air (Kuzzle Data, Kuzzle IoT, Kuzzle Hypervision) qui connecte les capteurs de qualité de l'air d'un bâtiment ou d'un territoire, centralise leurs données aux côtés des autres flux (énergie, occupation, éclairage) et automatise les scénarios métier associés, avec un hébergement souverain français ou on-premise selon les besoins de l'organisation. Les organisations intéressées peuvent demander une démonstration de Kuzzle pour évaluer la solution sur leur propre parc de bâtiments.

 

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Alicia Thermos

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